
QUEL est le scénario retenu pour la reprise des contrats de gestion déléguée des services d’eau, d’assainissement liquide et d’électricité à Rabat, Tanger et Tétouan?
Gestion directe, sociétés de développement local (SDL), régie… le suspense reste entier. Certes, plusieurs communes ont rejeté l’offre d’acquisition par le fonds Actis des filiales Redal et Amendis de Veolia, en se prononçant en faveur d’un rachat des contrats de concession de ces sociétés. Mais Analyseà ce jour, cette décision n’a pas été encore notifiée de manière officielle. Et si le désengagement de Veolia de certains contrats de gestion déléguée est un processus qui a pris 3 ans, ce retard de notification risque de prolonger davantage cette période transitoire. Ce processus pourra être concrètement initié dès lors que Redal et Amendis auront été effectivement notifiées de la décision des communes, comme le prévoient les contrats de concession. A compter de cette notification, une période de six mois s’ouvrira, au terme de laquelle seront appliquées les dispositions contractuelles relatives aux conditions financières du rachat. Dans cet intervalle, les communes devront définir les modalités opérationnelles de la reprise des services. «Durant cette période, les équipes Redal et Amendis resteront mobilisées pour accomplir leurs missions de service public, notamment en termes de continuité et de qualité qui demeureront la priorité de Veolia», souligne Bruno Collard, PDG de Veolia Maroc. En attendant, le management de Veolia défend mordicus son bilan et revient sur ses réalisations phares au Maroc. «Nous avons un taux de 88% de respect del’enveloppe contractuelle sur Redal», signale Collard. Amendis est même en avance sur son plan d’investissement à Tétouan. «Nous avons préfinancé la station d’épuration de Tamuda bay à hauteur de 300 millions de DH», poursuit le PDG de Veolia. Selon le management, au démarrage des contrats en 2002, le taux de desserte global n’était que de 70 à 75 %. Aujourd’hui, il serait pratiquement à 100%. De même, la fréquence des coupures a été réduite de 50 à 80% en l’espace de 10 ans. Autre point important à mettre à l’actif de Veolia: les rendements en eau. «Le rendement réseau à Tétouan était inférieur à 50%. Aujourd’hui, nous sommes à un taux de 80%. A Rabat, ce taux a été ramené de 60 à 80% et à Tanger de 65 à 80%», explique Collard. Une chose est sûre, la situation d’attentisme qui prévaut actuellement risque de compromettre ces acquis. Redal et Amendis, qui ont investi plus de 6 milliards de DH sur la période 2002-2013, emploient plus de 4.000 salariés. Les programmes d’investissement durant toute la durée du contrat prévoient 14 milliards de DH pour Redal et 7,8 milliards de DH pour Amendis.
Amendis est en charge, depuis 2002, de la gestion des services d’assainissement liquide, de la distribution d’eau potable et d’électricité des wilayas de Tanger et Tétouan. Elle génère un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards de DH et dessert près de 1,6 million d’habitants répartis sur 24 communes. Quant à Redal qui est en charge, depuis 2002, de la gestion des services d’assainissement liquide, de la distribution d’eau potable et d’électricité à Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, elle génère un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de DH et dessert plus de 2 millions d’habitants répartis sur 23 communes et arrondissements.
Aziza EL AFFAS
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«Il faut être pragmatique dans l’évaluation des contrats de concession», a précisé le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad (photo), à la première chambre, mardi dernier. Après le retrait de Veolia de Rabat, Salé et Tanger, la question sur la gestion déléguée pose toujours problème. Avec une envie de se retirer du marché marocain, Veolia avait conclu un deal avec l’anglais Actis afin que celui-ci récupère ses activités de distribution d’eau et d’électricité dans les villes de Rabat, Tétouan et Tanger. Pourtant, le recours aux dispositions de l’article 72 du contrat de gestion déléguée par le maire de Tanger Fouad El Omari a mis les deux entreprises dans une situation inconfortable. En effet, Actis a déjà entamé le travail en déployant les grands moyens. «Depuis la conclusion du deal, la mission du fonds d’investissement britannique ne s’annonçait pas de tout repos. Plusieurs observateurs se posaient la question de la viabilité de l’engagement d’Actis et de sa capacité à réussir là où Amendis a laissé beaucoup de plumes» (Cf.www.leseco.ma, du 20 mai 2014). Le schéma a été reproduit à Rabat et Salé, avec le refus de la passation des actions de la multinationale française par les conseils des deux villes. Si la gestion déléguée diffère d’une ville à une autre, pour le ministre de l’Intérieur, le premier élève de la classe est bien Casablanca. Malgré la présence de deux opérateurs de distribution en eau et électricité à Casablanca, à savoir Lydec et l’Office national de l’électricité et l’eau potable (ONEE), la cohabitation se passe bien et les résultats sont là.

