
Cher Monsieur Sarkozy,
La France va mal, les finances publiques se dégradent, le secteur bancaire vacille, le Sénat bascule à gauche, les scandales politico-financiers se bousculent, votre popularité est au plus bas… pas de problème, vous allez enfin souffler un peu avec votre virée au Maroc dans deux jours.
L’occasion pour vous, le président mal-aimé, de prendre un bain de foule organisé par les autorités marocaines et de se positionner en héros du patriotisme économique capable de vendre le savoir-faire français à prix fort en ces temps de crise. Sans doute vos conseillers en communication s’excitent déjà des retours presse de cette visite qui tombe à point pour briser une séquence politique difficile pour vous et pour vos proches.
Vous ferez le déplacement au Maroc pour inaugurer les travaux du TGV marocain et c’est de ce « presque crime économique » que je vous écris ces lignes. Quant aux questions de démocratie, du mouvement 20 février, les Marocains ont appris à compter sur eux-mêmes et ce n’est certainement pas un président français qui les aidera en quelque chose.
Faut-il vous rappeler la genèse du TGV marocain, le péché originel ? Octobre 2007, vous êtes fraîchement élu, une Rolex à la main et un discours dans la poche, vous vous rendez au Maroc pour donner un coup de pouce à votre copain Dassault et l’aider à vendre ses maudites Rafales. Or les Marocains avaient déjà décidé d’acheter des F16 américains. Vous n’êtes pas content, vous le meilleur vendeur de l’industrie française, vous songez à annuler votre visite en représailles. A quoi tient votre diplomatie ! Et comme vous êtes le parrain indispensable du pouvoir marocain, et qu’on ne peut rien vous refuser, on a décidé tout d’un coup de vous compenser en vous proposant l’achat d’un TGV. « Cette commande [de TGV] pourrait permettre un maintien de la visite de Nicolas Sarkozy au Maroc » titrait votre quotidien préféré.
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