Archives du mot-clé marocaines

Les vraies raisons d’un départ ! Loto à qui le tour ?

Échec. D’aucuns estiment que le départ du groupe Veolia du Maroc s’explique par ses difficultés à mener ses projets dans notre pays. Factures salées d’eau et d’électricité, notamment à Tanger et Tétouan, gestion des déchets cauchemardesque et faillite de Staréo, sa filiale d’exploitation des bus à Rabat.
 Par A. amourag
MAROC HEBDO INTERNATIONAL N° 1016 – Du 15 au 21 mars 2013

Faut-il voir dans le récent désengagement de Veolia du Maroc un mauvais signe pour l’économie nationale? Beaucoup le pensent, vu qu’il s’agit d’un groupe international qui avait énormément misé sur le Maroc pour développer ses activités en Afrique. Ce désengagement tombe alors comme un séisme, le vendredi 8 mars 2013.
Le groupe Veolia, via sa filiale Veolia Environnement, annonce avoir cédé toutes ses activités de distribution d’eau, d’électricité et d’assainissement qu’il possède au Maroc. Le deal porte sur une somme considérable: 370 millions d’euros et l’acheteur est un fonds britannique, Actis, présents dans les marchés émergents où il développe un business dit à forte valeur ajoutée.
Le gestionnaire délégué de Rabat, Redal, et celui de Tanger et Tétouan, Amendis, n’appartiennent plus à Veolia mais, désormais, à ce fonds anglais, inconnu au Maroc, mais qui a de fortes implantations en Afrique de l’Est. On dira que l’ancien patron de l’ONE, Younès Maamar (février 2006-novembre 2008), débarqué de son poste dans des conditions considérées à l’époque comme obscures, est l’artisan de cette opération financière qui marque son grand retour dans les affaires marocaines, après quatre années d’absence. Veolia explique officiellement son départ du Maroc par des considérations purement financières, visant à réduire son énorme endettement.

Tarifs exorbitants
Mais d’autres langues n’hésitent pas à désigner les fortes contestations populaires contre les tarifications jugées «exagérées» pratiquées par Amendis et Redal comme étant les principales raisons derrière ce repli stratégique de Veolia. Depuis 2011, avec l’éclatement au Maroc du Mouvement du 20 Février, Amendis avait fait l’objet de manifestations monstres à Tanger et Tétouan, scandant des slogans genre «Amendis, dégage!» et dénonçant une société qui offrait des services de faible qualité à des tarifs exorbitants.
A Rabat, Veolia Environnement, qui était responsable en juillet 2012 de l’entassement des déchets dans les rues et boulevards de la capitale, provoquant des odeurs nauséabondes et des maladies respiratoires graves pour les R’batis, a dû finalement se retirer de cette activité, en septembre de la même année, où elle avait manqué à tous ses engagements vis-à-vis des autorités délégantes.
Dans le transport public, Veolia, via la société Stareo, chargée d’exploiter le réseau des bus à Rabat et Salé, avait conduit cette activité à la dérive à cause d’une mauvaise gestion qui s’est soldée par la faillite puis le dépôt de bilan de Stareo en mai 2011. Un épisode sombre pour les habitants de la capitale, dépourvus à l’époque de ce service public vital. Il a fallu alors l’intervention des autorités locales, dont le maire de la ville, Fathallah Oualalou, pour asseoir une nouvelle structure publique qui se substitue à Veolia. Cette série de déboires et d’échecs retentissants ont poussé, entre autres, le groupe Veolia à se désengager du Maroc

http://www.maroc-hebdo.press.ma/index.php/component/content/article/56-numero-precedent/6284-les-vraies-raisons-dun-depart