En dépit de l’instabilité marquant certains pays de la région, les activités de fusion et d’acquisition au Moyen Orient et en Afrique du Nord (MENA) sont en plein en essor et en passe de réaliser cette année leur niveau le plus haut depuis 2007, boostées par le volume croissant des transactions au Maroc, écrit jeudi le quotidien américain “The Wall Street Journal”.
La publication de référence des milieux des affaires et de la finance relève, à cet égard, que le Royaume s’est “accaparé la part du lion” des activités de fusion et d’acquisition enregistrées dans la région MENA depuis début 2013, avec 39 pc du volume global des activités, soit 11,8 milliards de dollars en terme de transactions.
Citant les dernières statistiques publiées par “Dealogic”, un des principaux fournisseurs mondiaux d’information financière, le Wall Street Journal relève que le chiffre d’affaires des transactions de fusion et d’acquisition réalisées cette année au Maroc a presque décuplé par rapport à 2012, citant à titre d’exemple la vente par Veolia Environnement de ses activités portées par les sociétés Redal et Amendis au Maroc, au fonds d’investissement “Actis”, pour un montant de 484 millions de dollars.
Au niveau régional, les investissements de fusion et d’acquisition ont ainsi connu une hausse spectaculaire en 2013, avec un volume global de transactions équivalant 30,7 milliards de dollars, soit une augmentation de 33 pc par rapport à 2012, selon la même source.
Au nom du dixième principe de la Charte de développement durable, Veolia Environnement s’engage à « fonder sa gouvernance d’entreprise sur une communication transparente, l’anticipation des risques et la définition de règles de vigilance et de bonne conduite. » Néanmoins, plusieurs dysfonctionnements sont constatés au sein de l’UMT (Union marocaine du Travail).
Le 3 juillet 2009, le tribunal de première instance de Rabat a annulé les élections des représentants du personnel mettant en cause la liste de l’UMT, présidée par le Secrétaire général de l’UMT-REDAL, M. R. El Menyari. La plainte a été déposée par la liste indépendante contre l’organisation de l’évitement d’une liste autonome par la liste UMT afin de récupérer les voix en proposant une liste de 50 noms au lieu de 20 personnes. Selon l’article 433 du code marocain du travail, une entreprise de 1 600 salariés est représentée par 20 délégués du personnel dont 10 titulaires et 10 suppléants 38. Les syndicats concurrents de l’UMT ont porté plainte contre la liste de l’UMT en dénonçant une liste illégitime 39.
Suite au communiqué de presse de Veolia, la réaction ne s’est pas faite attendre. Karim ZERIBI s’insurge du fait que Veolia annonce, avant la commission, sa décision de classer sans suite la plainte pour cartel et entente entre Veolia, Suez et Bouygues. Ce député s’étonne car à sa question écrite en mars dernier, la commission lui a répondu que la complexité de l’enquête entraînerait une décision à la fin du second semestre.
Voici son communiqué de presse :
Karim ZERIBI
Député européen
Commission des Affaires Etrangères
Commission des Transports et du Tourisme
Membre de l’Assemblée Parlementaire de l’Union pour la Méditerranée
Bruxelles, le 23.04.2013
Communiqué de Presse : « Scandale à la Commission européenne? »
Échec. D’aucuns estiment que le départ du groupe Veolia du Maroc s’explique par ses difficultés à mener ses projets dans notre pays. Factures salées d’eau et d’électricité, notamment à Tanger et Tétouan, gestion des déchets cauchemardesque et faillite de Staréo, sa filiale d’exploitation des bus à Rabat.
Par A. amourag
MAROC HEBDO INTERNATIONAL N° 1016 – Du 15 au 21 mars 2013
Faut-il voir dans le récent désengagement de Veolia du Maroc un mauvais signe pour l’économie nationale? Beaucoup le pensent, vu qu’il s’agit d’un groupe international qui avait énormément misé sur le Maroc pour développer ses activités en Afrique. Ce désengagement tombe alors comme un séisme, le vendredi 8 mars 2013.
Le groupe Veolia, via sa filiale Veolia Environnement, annonce avoir cédé toutes ses activités de distribution d’eau, d’électricité et d’assainissement qu’il possède au Maroc. Le deal porte sur une somme considérable: 370 millions d’euros et l’acheteur est un fonds britannique, Actis, présents dans les marchés émergents où il développe un business dit à forte valeur ajoutée.
Le gestionnaire délégué de Rabat, Redal, et celui de Tanger et Tétouan, Amendis, n’appartiennent plus à Veolia mais, désormais, à ce fonds anglais, inconnu au Maroc, mais qui a de fortes implantations en Afrique de l’Est. On dira que l’ancien patron de l’ONE, Younès Maamar (février 2006-novembre 2008), débarqué de son poste dans des conditions considérées à l’époque comme obscures, est l’artisan de cette opération financière qui marque son grand retour dans les affaires marocaines, après quatre années d’absence. Veolia explique officiellement son départ du Maroc par des considérations purement financières, visant à réduire son énorme endettement.
Tarifs exorbitants
Mais d’autres langues n’hésitent pas à désigner les fortes contestations populaires contre les tarifications jugées «exagérées» pratiquées par Amendis et Redal comme étant les principales raisons derrière ce repli stratégique de Veolia. Depuis 2011, avec l’éclatement au Maroc du Mouvement du 20 Février, Amendis avait fait l’objet de manifestations monstres à Tanger et Tétouan, scandant des slogans genre «Amendis, dégage!» et dénonçant une société qui offrait des services de faible qualité à des tarifs exorbitants.
A Rabat, Veolia Environnement, qui était responsable en juillet 2012 de l’entassement des déchets dans les rues et boulevards de la capitale, provoquant des odeurs nauséabondes et des maladies respiratoires graves pour les R’batis, a dû finalement se retirer de cette activité, en septembre de la même année, où elle avait manqué à tous ses engagements vis-à-vis des autorités délégantes.
Dans le transport public, Veolia, via la société Stareo, chargée d’exploiter le réseau des bus à Rabat et Salé, avait conduit cette activité à la dérive à cause d’une mauvaise gestion qui s’est soldée par la faillite puis le dépôt de bilan de Stareo en mai 2011. Un épisode sombre pour les habitants de la capitale, dépourvus à l’époque de ce service public vital. Il a fallu alors l’intervention des autorités locales, dont le maire de la ville, Fathallah Oualalou, pour asseoir une nouvelle structure publique qui se substitue à Veolia. Cette série de déboires et d’échecs retentissants ont poussé, entre autres, le groupe Veolia à se désengager du Maroc
La branche eau de Veolia Environnement va supprimer 10% de ses effectifs en France, soit 1.500 postes, avec « l’idée d’éviter tout départ contraint », a-t-on appris mercredi auprès des syndicats et de la direction.
« Jean-Michel Herrewyn, le directeur général de Veolia Eau, nous a annoncé hier, lors d’un comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire, la mise en place d’un plan de départs volontaires touchant 1.500 postes », a affirmé à l’AFP le délégué central CFDT.
Veolia Eau France, qui compte 15.000 salariés, « a bien ouvert une négociation avec les syndicats pour un accord global sur l’emploi pour adapter la structure de ses emplois et de ses effectifs », a réagi la direction qui chiffre les suppressions à 1.500 postes « sur les activités d’exploitation », dans le cadre d’un plan de transformation. « L’idée, c’est d’éviter tout départ contraint », a précisé un porte-parole de la direction . « Tout cela ne fera qu’accentuer et dégrader les conditions de travail, et comment pourrons-nous assurer nos missions de service public? », s’est interrogé le délégué central CGT.
Le géant français des services à l’environnement (eau, propreté, énergie) a lancé en août 2011 un vaste plan de réorganisation visant à ramener sa lourde dette (actuellement toujours d’environ 11 milliards d’euros) entre 8 et 9 milliards d’euros, essentiellement par des cessions et des mesures d’économies.
Le procès de Water Makes Money fait parler aussi en Allemagne
Le Groupe Veolia Eau a porté plainte à cause d’allégations de corruption contenues dans le film « Water makes Money ». Jeudi, débute le procès à Paris.
Ce qui concerne l’eau n’est pas toujours légal. C’est du moins la théorie des réalisateurs de « Water Makes Money ».
« J’ai été responsable des contrats pour le sud de Paris comme cadre chez Veolia. Ainsi j’ai eu connaissance de ce qui n’était pas normal, des défectuosités et des anomalies graves au détriment des consommateurs. » c’est ainsi que Jean-Luc Touly qui se tient devant le siège parisien de Veolia, rapporte les agissements du groupe industriel de l’eau.
Cette scène est tirée du film « Water Makes Money » des cinéastes allemands Leslie Franke et Herdolor Lorenz. Veolia Environnement est l’une des sociétés leader dans l’industrie de l’eau et des eaux usées. Elle porte aujourd’hui plainte contre la société de distribution française du film « La Mare aux Canards » ainsi que contre celui qui les dénonce Jean-Luc Touly. Le procès commencera le jeudi à 13:30, au Palais de justice de Paris.
Le film entre autres montre comment est privatisée l’eau dans de nombreuses collectivités par des multinationales. Jean-Luc Touly, qui a travaillé durant trente ans à un poste de cadre pour Veolia, parle de corruption dans ce milieu. Grâce à son influence au niveau européen, le groupe a plus facilement accès à ce même marché.
Trop de médiatisation est mauvais pour Veolia
Veolia ne nie pas les faits mentionnés dans le film, mais y voit une tentative de diffamation et elle avait déjà porté plainte contre x après la sortie du film en septembre 2010. Le film a été diffusé le 23 septembre 2010 au même moment dans plus d’une centaine de villes allemandes, françaises et européennes et a trouvé grand intérêt auprès d’un large public.
Les années se suivent et se ressemblent pour la gestion déléguée au Maroc. Les problèmes d’hier sont toujours ceux d’aujourd’hui. Cherté des prix, engagements non tenus, renouvellement de contrats hypothéqués, en attendant que «la bonne gouvernance» trouve pied dans le pays. Le ministre de l’Intérieur, Mohand Laenser, se fera un devoir de répondre, aujourd’hui à la première Chambre du Parlement, à deux questions relatives à la gestion déléguée. Une issue émane de son propre parti politique, le Mouvement populaire, au sujet de «l’évaluation de la gestion déléguée», l’autre est programmée par le groupe PJDiste sur «La gestion déléguée et les attentes des citoyens». Entre efficacité dans la gestion des biens publics et satisfaction de l’intérêt général, il n’est pas en effet un pays au monde qui ne soit confronté à cette dichotomie entre intérêt privé et intérêt général. Au Maroc toutefois, deux autres problèmes sont venus exacerber cette dualité. Le cadre légal réglementant la gestion déléguée est venu 9 années après le lancement des premiers contrats, d’une part. D’autre part, il était illusoire de croire qu’une structure privée allait réellement gérer un bien public commun au moindre coût, tout en assurant l’extension des infrastructures et un accès de tout un chacun au service public délégué.
Intérêt privé Vs intérêt public Il n’est pas une année civile qui passe sans que des villes se révoltent contre leurs délégataires de services publics, notamment en ce qui concerne le transport et la gestion de l’eau et de l’électricité. Le plus souvent, il est question de dénoncer la cherté des prix, souvent en ce qui concerne les concessions en matière de gestion et de distribution de l’eau et de l’électricité. Pourtant, n’en vouloir qu’au seul délégataire privé est quelque peu exagéré. En société privée, il est tout à fait normal qu’une entreprise comme la Lydec par exemple recherche la rentabilité de ses investissements et un rendement annuel qui satisfasse la maison-mère. Ce qui n’est pas normal en revanche, c’est d’avoir fait croire aux populations urbaines que la délégation de gestion allait améliorer l’efficacité du service public, au moindre coût, sans qu’il y ait eu d’études préalables sur le consentement à payer des usagers. L’idée, telle qu’elle est pratiquée ailleurs, est simple. Pour un service public amélioré, il est demandé aux usagers d’exprimer combien d’argent ils peuvent mettre en plus du prix actuel, pour bénéficier d’une qualité de services que seul le privé peut garantir. C’est l’objet même de la gestion déléguée, rendre plus efficace la gestion du service public. Or au Maroc, on a quelque peu placé la charrue avant les bœufs, tant dans le temps que dans l’espace. Dans le temps, parce que les premiers contrats de gestion déléguée ont été signés à partir de 1997, année de conclusion du contrat entre la Communauté Urbaine de Casablanca et Suez, alors que la loi cadre n’a été promulguée elle, qu’en 2006. Comment alors en vouloir à Lydec de ne pas avoir respecté certains de ses engagements contractuels initiaux, notamment en ce qui concerne le contingent annuel de branchements sociaux, quand toute notion d’arbitrage et de recours était absente de la législation ? En plus de 10 ans de présence sur le sol national, les délégataires privés étrangers ont eu de fait tout le loisir de se familiariser avec le laxisme presque naturel des pouvoirs publics, dans l’exercice de leur droit de contrôle. La responsabilité des dysfonctionnements, tels que les révèlent en l’état les manifestations répétées contre la Redal à Rabat par exemple, incombent ainsi davantage aux services de l’État et aux collectivités locales.
C’est un homme du sérail, en la personne de Jean-Michel Tiberi, qui est désormais en charge de Veolia Environnement Maroc ainsi que toutes ses filiales. C’est la décision qui a été prise à l’issue des Conseils d’Administration, tenus le lundi 2 avril 2012 à Rabat. Ainsi M. Tiberi est Directeur Pays pour le Maroc de Veolia Eau, Directeur Général de Veolia Services à l’Environnement Maroc, Président Directeur Général d’Amendis et Président Directeur Général de Redal. Un nouveau management, un nouveau sang, et une personnalité complète, le nouveau patron de VEM connaît le groupe puisqu’il a rejoint l’institution en 1988. Il est également un fin connaisseur du métier pour avoir effectué l’essentiel de sa carrière à l’international, au sein de la Division Eau. Spécialisé dans les services d’eau et d’assainissement des grandes métropoles, M. Jean-Michel Tiberi a travaillé une dizaine d’années en Amérique Latine, notamment à Mexico et à San Juan, Porto Rico.