RIEN NE VA CHANGER LE PROBLÈME EST STRUCTUREL

=De Wali en Wali, de conseil en conseil, et d’un plan d’urgence à un autre pour la ville la plus peuplée du Royaume ! Casablanca, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, n’arrive pourtant pas à se mettre au diapason des capitales mondiales modernes. La ville, et ce ne sont sûrement pas les Casablancais qui vous diront le contraire, souffre d’anarchie, de désordre et d’abandon. D’année en année, les problèmes se compliquent davantage, rendant ainsi la vie dans cette ville de plus en plus désagréable.
Mohamed Sajid, à son deuxième mandat à la tête du Conseil de la Ville de Casablanca grâce au soutien du PAM, du RNI et du PJD, n’a pas pu offrir quoi que ce soit à la métropole. La saleté, à elle seule, reste l’un des points noirs de la ville qui se veut blanche. Pourtant, son budget dépasse de trois ou quatre fois ceux de Marrakech et Fès, des villes qui connaissent un développement urbain correct. Mais il est quand même important de rappeler que depuis le dernier discours royal au Parlement, qui a sévèrement pointé du doigt la gouvernance locale de Casablanca, c’est l’état d’urgence déclaré au Conseil de la Ville de la capitale économique. Réunions, rencontres, concertations entre responsables et délégataires se font à un rythme effréné. L’heure est apparemment à la mobilisation tous azimuts dans le grand espoir de rectifier le tir. Sur un autre registre, il semble que cette élite locale en place, aux commandes depuis 2003, n’arrive toujours pas à concevoir l’enjeu d’une métropole qui se veut concurrentielle des grandes capitales du monde.
Actuellement, un plan d’urgence ficelé vient d’être adopté pour ‘‘sauver qui peut’’. On le présente d’ailleurs réaliste et réalisable.
Concrètement, un budget de 2,820 milliards de Dhs va être consacré aux actions prioritaires en 2014.
Le ministère de l’Intérieur soutient ce programme prioritaire en débloquant une contribution exceptionnelle de 1,160 MMDH, dont 240 MDH destinés aux conseils préfectoraux et provinciaux du Grand Casablanca pour la mise à niveau urbaine, et 110 MDH pour renforcer la sécurité des citoyens tout en améliorant la circulation.
Sur ce dernier montant, 40 MDH serviront à doter la ville de caméras de surveillance, 20 MDH pour l’installation et la mise en opération d’un poste central de régulation de la circulation et 50 MDH pour l’acquisition de matériel de locomotion et de transmission pour améliorer la capacité d’intervention des forces de l’ordre et renforcer ainsi la sécurité de l’ensemble des Casablancais, a détaillé le maire.
Une enveloppe de 365 MDH sera allouée à la modernisation des voiries, aussi bien dans les grandes artères qu’au niveau des arrondissements, et 245 MDH seront destinés à améliorer le cadre de vie avec le réaménagement du parc de la Ligue Arabe (35 MDH), poumon du centre-ville, l’aménagement des espaces verts de la métropole (115 MDH), la réhabilitation du zoo d’Aïn Sebaa et sa transformation en un zoo nouvelle génération (65 MDH), ainsi que la modernisation du complexe sportif Mohammed V (30 MDH) en attendant la réalisation du grand Stade.
Il est également prévu le déblocage de 620 MDH pour faciliter l’inclusion des habitants des quartiers périphériques avec une mise en oeuvre prioritaire pour 3 quartiers (Douars Mkanssa, Sidi Belahcen et Lahraouine).
Un programme spécifique d’actions prioritaires de proximité a été aussi arrêté entre le conseil de la ville et Lydec, pour une enveloppe budgétaire de 560 MDH, dont 138 MDH pour l’amélioration de l’éclairage public, et 19 MDH alloués à l’individualisation des branchements en eau potable et en électricité pour 1 000 foyers.
En outre, 480 MDH sont mobilisés par les nouveaux adjudicataires pour l’amélioration et le renforcement de la gestion des déchets et de la propreté, tout comme il est prévu l’accélération de l’éradication de l’habitat insalubre avec le relogement des occupants de constructions menaçant ruine, dont 9.250 ménages identifiés comme prioritaires et concernés par une évacuation immédiate.
Des actions structurantes sont prévues à moyen terme pour faire de Casablanca une ville sans bidonvilles, finaliser des plans de financement et lancer des projets structurants (Métro, RER, extension du Tram, intégration Bus-Tram, usine de valorisation des déchets ménagers, Grand Stade, Voirie et autoroutes), réaliser des zones d’activités et de logistique (notamment Zenata) pour encourager l’investissement, soutenir le Pôle Financier de Casablanca, rénover l’aéroport Mohammed V et mettre en oeuvre la régionalisation avancée (statut juridique pour une meilleure gouvernance).
Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Telle est la grande interrogation qui taraude les esprits depuis l’annonce en ce début de semaine d’un énième Plan Marshall pour Casablanca. Cette question interpelle également les Bidaouis, depuis le débarquement d’un nouveau Wali appelé à redynamiser une métropole mais qui ne cesse de décevoir. Il aura fallu attendre le ‘‘tsunami royal’’ pour que tout le monde se réveille, se bouge et se remette au travail ! Khalid Safir, le nouveau Wali, essaye justement de mettre le turbo, renversant de la sorte l’esprit de la Charte Communale entrée en vigueur en 2003, et dont l’essentiel de la gouvernance relève de la compétence exclusive des élus…Mais il semble que cette option n’ait servi en rien la métropole, qui peine toujours à offrir aux Bidaouis et leurs hôtes un cadre de vie urbaine agréable. Les Bidaouis, qui eux, n’ont plus l’envie ni la force de croire aux réformes annoncées, espèrent au moins que le constat royal soit pris en considération. Autrement, rien ne serait en mesure de faire bouger les choses !
H.Zaatit
http://www.lnt.ma/actualites/un-enieme-plan-durgence-pour-casablanca-96623.html