Archives du mot-clé assurant

15 ans de gestion déléguée et après ? Par Amine SAFA #Lydec #Amendis #Redal #Blogoma #Twittoma

Les années se suivent et se ressemblent pour la gestion déléguée au Maroc. Les problèmes d’hier sont toujours ceux d’aujourd’hui. Cherté des prix, engagements non tenus, renouvellement de contrats hypothéqués, en attendant que «la bonne gouvernance» trouve pied dans le pays. Le ministre de l’Intérieur, Mohand Laenser, se fera un devoir de répondre, aujourd’hui à la première Chambre du Parlement, à deux questions relatives à la gestion déléguée. Une issue émane de son propre parti politique, le Mouvement populaire, au sujet de «l’évaluation de la gestion déléguée», l’autre est programmée par le groupe PJDiste sur «La gestion déléguée et les attentes des citoyens». Entre efficacité dans la gestion des biens publics et satisfaction de l’intérêt général, il n’est pas en effet un pays au monde qui ne soit confronté à cette dichotomie entre intérêt privé et intérêt général. Au Maroc toutefois, deux autres problèmes sont venus exacerber cette dualité. Le cadre légal réglementant la gestion déléguée est venu 9 années après le lancement des premiers contrats, d’une part. D’autre part, il était illusoire de croire qu’une structure privée allait réellement gérer un bien public commun au moindre coût, tout en assurant l’extension des infrastructures et un accès de tout un chacun au service public délégué.

Intérêt privé Vs intérêt public
Il n’est pas une année civile qui passe sans que des villes se révoltent contre leurs délégataires de services publics, notamment en ce qui concerne le transport et la gestion de l’eau et de l’électricité. Le plus souvent, il est question de dénoncer la cherté des prix, souvent en ce qui concerne les concessions en matière de gestion et de distribution de l’eau et de l’électricité. Pourtant, n’en vouloir qu’au seul délégataire privé est quelque peu exagéré. En société privée, il est tout à fait normal qu’une entreprise comme la Lydec par exemple recherche la rentabilité de ses investissements et un rendement annuel qui satisfasse la maison-mère. Ce qui n’est pas normal en revanche, c’est d’avoir fait croire aux populations urbaines que la délégation de gestion allait améliorer l’efficacité du service public, au moindre coût, sans qu’il y ait eu d’études préalables sur le consentement à payer des usagers. L’idée, telle qu’elle est pratiquée ailleurs, est simple. Pour un service public amélioré, il est demandé aux usagers d’exprimer combien d’argent ils peuvent mettre en plus du prix actuel, pour bénéficier d’une qualité de services que seul le privé peut garantir. C’est l’objet même de la gestion déléguée, rendre plus efficace la gestion du service public. Or au Maroc, on a quelque peu placé la charrue avant les bœufs, tant dans le temps que dans l’espace. Dans le temps, parce que les premiers contrats de gestion déléguée ont été signés à partir de 1997, année de conclusion du contrat entre la Communauté Urbaine de Casablanca et Suez, alors que la loi cadre n’a été promulguée elle, qu’en 2006. Comment alors en vouloir à Lydec de ne pas avoir respecté certains de ses engagements contractuels initiaux, notamment en ce qui concerne le contingent annuel de branchements sociaux, quand toute notion d’arbitrage et de recours était absente de la législation ? En plus de 10 ans de présence sur le sol national, les délégataires privés étrangers ont eu de fait tout le loisir de se familiariser avec le laxisme presque naturel des pouvoirs publics, dans l’exercice de leur droit de contrôle.
La responsabilité des dysfonctionnements, tels que les révèlent en l’état les manifestations répétées contre la Redal à Rabat par exemple, incombent ainsi davantage aux services de l’État et aux collectivités locales.

Lire la suite 15 ans de gestion déléguée et après ? Par Amine SAFA #Lydec #Amendis #Redal #Blogoma #Twittoma