| Par Youness BENZINEB |
| Mardi, 26 Mars 2013 20:00 |
L’abandon de Veolia de ses activités de services de l’eau et d’électricité au profit du fond d’investissement Actis, il y a deux semaines, n’était une surprise pour personne, et encore moins pour les abonnés de sa filiale Amendis. Toutefois, si jusqu’à présent les deux parties ont conclu leur accord, la balle demeure toujours dans le camp des élus des trois villes concernées, Rabat, Tanger et Tétouan. C’est en effet à eux de décider en fonction du paramétrage de leurs contrats de gestion déléguée. D’ailleurs dans la ville du détroit, si plusieurs sources prévoient l’acceptation de l’accord, les élus de la ville quant à eux, ne sont pas encore impliqués dans l’affaire. «L’attente est passionnément partagée entre les deux. Cependant, la procédure de concertation n’est pas encore entamée», explique-t-on auprès de la mairie de Tanger. En tout cas, il semble que le ministère de tutelle préfère se donner encore du temps pour permettre à Veolia de céder son terrain. Sur ce point, il faut rappeler que le groupe français a affirmé que son retrait des activités dans les concessions d’eau et d’électricité émane principalement de sa stratégie de désendettement et de développement sur des offres et des activités à plus forte valeur ajoutée. L’opérateur a ainsi laissé entendre que les responsables du groupe qui traverse depuis plusieurs années une passe difficile, ne voient pas le marché marocain d’un bon œil et que leurs activités n’y ont pas été assez rentables. Il faut noter que le groupe garde toujours le pied dans le royaume, à travers son opérateur de transport Veolia «Transdev», qui exploite depuis 2011 le tramway de la capitale. Pour le gestionnaire britannique (fonds d’investissement Actis) qui devrait prendre la main, il serait question de profiter de l’expérience du groupe français, ayant plus de 10 ans dans le pays. Déjà, Actis est réputé pour centre ses activités sur les marchés émergents et justifie d’une expérience de plus de 60 ans dans les services d’utilités publiques, notamment au Maghreb et en Afrique. Il est à noter que son origine remonte au Colonial Développent Corporation, un fonds de développement britannique créé en 1948 pour investir dans les pays du Commonwealth. Il est à rappeler enfin que le groupe britannique avait embauché il y a quelques jours le président du conseil de surveillance de la BMCI, Mourad Chérif, en tant que «Senior Advisor» pour ses activités au Maroc. Outre la contribution à l’obtention de l’aval auprès des mairies des trois villes, l’ex ministre des Finances conseillera le fonds sur les attentes et les habitudes des consommateurs nationaux.
http://www.lesechos.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=30799:laccord-veolia-actis-est-toujours-en-attente-&catid=7:business