
Les opérateurs français œuvrant dans les secteurs de l’eau et de l’électricité ont décidément bien du mal à couvrir les besoins les plus élémentaires des citoyens marocains notamment dans les grands centres urbains. Amendis filiale de Véolia en charge de la gestion de l’eau et de l’électricité à Tanger, en est malheureusement un des nombreux exemples.
Cette société a récemment vu son contrat conclu en 2002, révisé, à la suite de l intervention de Nizar Baraka, ministre délégué chargé des affaires économiques et générales. Une intervention dont le motif est l’inadaptation de la grille tarifaire des prestations de l’entreprise, celle-ci est jugée excessive par rapport aux revenus moyens des marocains. On note également un retard non négligeable des investissements et des réalisations dans cette ville, une léthargie qui demeure avec seulement 10 % des branchements sociaux effectués.
Tanger n’est pas la seule ville à subir les contrecoups de ces mauvaises gestions, Casablanca et ses 4 millions d’habitants en fait également les frais. Alors que la société Lydec, filiale du géant français Suez environnement a en charge la gestion de l’électricité et de l’assainissement de la ville, la réalité sur le terrain démontre l’écart entre les objectifs et les réalisations concrètes. En effet, la présence de rouille dans les conduits n’a pas échappé aux habitants qui sans cesse dénoncent la mauvaise qualité de l’eau.
http://mgb.minutebuzz.com/2011/12/09/maroc-les-entreprises-francaises-sous-le-feu-des-critiques/
Ces déboires n’ont pas été occultés par la Justice qui a décidé d’ouvrir une enquête, après les déclarations d’un élu local qui accuse le maire de Casablanca et le PDG de Lydec de dilapidation de deniers publics. La cour des comptes quant à elle, en 2009, avait déjà épinglé l’entreprise pour ne pas avoir honoré ses engagements d’investissements. La privatisation de ces secteurs stratégiques semble tendre pour le moment vers un échec plutôt que vers une réussite.
Ce constat alarmant amène inévitablement les pouvoirs publics à réagir rapidement sous peine de faire face à de nouveaux mouvements de protestations de la population.