
La gestion déléguée : qui négocie quoi
Prenons par exemple les contrats de gestion déléguée. Il est établi que l’arsenal légal est déjà installé au Maroc, et que l’arsenal réglementaire s’étoffe proportionnellement avec l’expérience qu’acquièrent nos élus au fil des années en matière de gestion déléguée. Toutefois, sur certains mécanismes PPP (partenariat public-privé), la commune manque de compétences. Le savoir-faire en matière de stratégie, d’étude d’opportunité et de négociation des compétences communales ne se hisse pas au niveau des négociateurs qui peuvent être mandatés par un candidat délégataire. «Entre une commune marocaine dans l’état actuel des choses et une multinationale qui traîne derrière elle une armée de juristes et d’avocats internationaux, l’issue des négociations est prévisible», pense un économiste marocain proche du dossier. Post-adjudication du contrat de gestion déléguée, plusieurs problèmes peuvent survenir. Le cas concernant le contrat liant la ville de Casablanca à la Lydec est réellement un cas d’école. Comment s’effectue le contrôle communal à ce niveau ? «La commune procède à différents contrôles en cours de réalisation de travaux, mais elle ne signifie l’engagement de sa responsabilité que suite à son visa de réception des ces travaux», affirme Allal Sekrouhi, directeur général des collectivités locales. Sur le bien-fondé de la démarche, celui-ci admet que beaucoup de contrôles se font d’une manière systématique, sans scruter les détails. La raison ? Bien que faisant partie des organigrammes communaux, «le service technique qui effectue ce type de contrôle n’est pas systématisé partout», poursuit Allal Sekrouhi. Les effectifs dédiés au niveau de la commune, que ce soit pour le post-contrôle ou pour le service technique, n’arrivent pas à suivre le rythme des équipes de la Lydec, qui sont bien plus nombreuses. Du coup, les contrôles ne sont pas fiables. Nous l’avons vécu au plus fort des récentes pluies qui ont inondé la ville. Les effectifs consacrés aux services techniques communaux et ceux côté Lydec étaient un peu partout sans être quelque part. Un manque d’effectifs et de compétences a été plus qu’observé.
Pour Casablanca, l’enjeu dépasse la dimension locale car la ville draine et gère plus de 50% de l’économie nationale. De fait, tous les points vitaux de la ville ont été congestionnés.
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