Source : le blog de Tariq Kabbage

Après trois mois d’interminables reports, la commission de l’intérieur a finalement organisé le mardi 07 Mai 2013 une réunion pour l’évaluation de la gestion déléguée.
Cette évaluation intervient dans un contexte délicat dans lequel la gestion déléguée est décriée dans plusieurs villes. En effet, après plus de Seize ans de pratique inaugurée par la concession de la distribution d’eau et d’électricité de la ville de Casablanca à Lydec en 1997, plusieurs villes aujourd’hui ont concédé une partie des services publics relatifs à la distribution d’eau et d’électricité, d’assainissement d’eau, de transport ainsi que de gestion des déchets.
Est-ce que les délégations de ces services publics ont permis l’amélioration des conditions de vie des citoyens ?
Dans la majorité des villes qui ont délégué à des entreprises la gestion des services publics de base, nous avons remarqué que les prix ont augmenté, cela est perceptible à Casablanca, Rabat, Tanger, Salé. Quant à la qualité qui était l’argument principal pour encourager la gestion déléguée, nous remarquons aujourd’hui une dégradation de la qualité des services, ainsi qu’un manque croissant dans l’investissement des entreprises pour améliorer la qualité du service public.
De mon coté depuis que j’ai été élu maire de la ville d’Agadir, j’ai toujours milité pour une gestion municipale du service public, ayant confiance dans les compétences des cadres de la municipalité et dans l’importance de la continuité du service public.
Nous avons mené une politique volontariste et performante pour la gestion des déchets. Aujourd’hui, nous avons le meilleur rapport qualité prix. Cela, nous le devons à une présence continue et un travail acharné des élus locaux, mais aussi au dialogue social que nous avons noué avec tous les partenaires sociaux et spécialement les syndicats.
Cette gestion performante soit elle, est toujours appelée à se moderniser et à devenir plus efficace pour répondre aux besoins des citoyens. Pour cela, plusieurs reformes doivent être mises en place pour permettre à notre commune mais aussi aux différentes communes du Maroc d’améliorer leur gestion du service public.
- Cela passe en premier lieu, par une réforme approfondie de la régionalisation avec l’élargissement des compétences des collectivités territoriales, et l’assouplissement du pouvoir de tutelle exercé par le ministère de l’Intérieur.
- En deuxième lieu, améliorer les recettes fiscales des communes, pour cela, l’administration fiscale doit être plus performante en récoltant plus d’impôts.
- Troisième lieu, donner plus d’autonomie aux Collectivités territoriales pour créer les sociétés de développement local (SDL), qui permettra de gérer avec souplesse, efficacité et transparence un service de proximité.





